Compensation de CO2 volontaire : insensé ou non ?

Le CO2 est le gaz à effet de serre (GES) que nous émettons tous le plus ; il représente l’une des principales causes du changement climatique. Un Européen rejette 11 tonnes de CO2 dans l’air par an (contre 2 tonnes pour un Indien). Il est sûr à 90 % que les changements climatiques sont dus à l’homme et ce, essentiellement en raison de ces émissions de CO2. Il est donc impératif de les réduire. Selon les scientifiques, après 50 ans de pollution effrénée, il nous reste 10 ans pour encore inverser la tendance et pour limiter efficacement le réchauffement de la planète. Il est donc grand temps.

Kyoto : la seconde chance du climat

Depuis 1998, une action internationale a été entreprise pour réagir contre les changements climatiques grâce au protocole de Kyoto. Tout pays ayant signé ce traité s’est vu imposer un certain quota d’émissions autorisées et l’on a imaginé par ailleurs la possibilité de compenser un excédent d’émissions via les « droits d’émission ». Il est dès lors possible de « racheter » un excédent d’émissions en finançant des projets compensatoires dans des pays en voie de développement.

L’idée a été assez vite accueillie favorablement par les particuliers, les ONG et l’industrie, qui pouvaient aussi compenser leurs émissions en finançant des projets similaires dans des pays en voie de développement. Tout le monde peut ainsi « racheter » les émissions dues à ses déplacements, sa consommation, son chauffage, etc., mais, dans ce cas, sur une base entièrement volontaire.

Depuis, il existe toute une série de fournisseurs qui proposent activement cette compensation de CO2 volontaire aux personnes intéressées. Ils permettent d’abord de déterminer les émissions personnelles à l’aide d’un module de calcul. Il suffit ensuite de sélectionner un projet pour compenser son empreinte environnementale personnelle.

Vous comprendrez vite que cela se paie et que le prix par tonne de CO2 varie en fonction du fournisseur. Heureusement, vous pouvez calculer le coût d’achat des droits d’émission, ou « crédits carbone » et, ce faisant, subsidier un ou plusieurs projets environnementaux. Il faut rester conscient du fait que le fournisseur gardera une partie de l’argent pour sa marge bénéficiaire et ses coûts, mais qu’il utilisera effectivement une autre partie pour le financement de la réduction ou de la compensation des émissions de CO2.

Des maladies de jeunesse perturbent la compensation de CO2

Le marché de la compensation de CO2 volontaire est en plein développement et essaie d’obtenir une base légale. Mais cette dernière est malheureusement encore loin d’être parfaite. L’achat des droits d’émission se déroulant par le biais d’Internet, il est extrêmement difficile de réguler l’offre des fournisseurs et de protéger chaque consommateur. Des règles appliquées dans le monde entier et destinées surtout à évaluer la qualité des projets compensatoires sont donc indispensables.

Au cours de ces dernières années, une douzaine de normes ont été mises au point. On les appelle aussi « Standards ». Elles n’imposent aucune restriction et à ce jour, aucun de ces « standards » n’est obligatoire. Mais certains critères appliqués par le protocole de Kyoto pour les pays signataires en matière de compensations obligatoires représentent en revanche de très bons points de référence. Le protocole exige ainsi le respect des points suivants :

  • la plus-value : il garantit ainsi que les réductions d’émissions liées à un projet n’auraient pu s’obtenir sans cette aide financière. Une aide ne sera donc jamais octroyée à un projet qui est déjà quasi développé ;
  • la durabilité : essentiellement pour les projets financés, afin qu’ils apportent aussi des avantages sociaux et environnementaux, outre celui de la réduction des émissions de CO2 (par ex. création d’emplois, protection et augmentation de la biodiversité). Une aide ne sera donc jamais octroyée à un projet qui présente plus de désavantages que d’avantages pour l’environnement ou pour le tissu social d’une région ;
  • le contrôle : les projets sont vérifiés et certifiés par un tiers ;
  • l’enregistrement des crédits carbone : ceci permet de protéger le consommateur contre la double vente. Les crédits achetés sont notés et conservés dans une base de données, de sorte qu’ils ne puissent être ultérieurement revendus à un autre client.

Il nous reste donc encore pas mal de maladies de jeunesse à vaincre, mais nous devons continuer à aller plus loin de cette manière. Car la compensation de CO2 volontaire est une mesure discrète, mais utile. C’est tout d’abord une bonne initiative sur le plan de la conscientisation : tout le monde peut entreprendre quelque chose à titre privé pour réduire sa propre empreinte sur le climat. Et le marché volontaire peut ouvrir la voie à de nouveaux concepts et à de nouvelles expériences, avec des projets et des règles qui pourront peut-être être utilisés ultérieurement sur le marché obligatoire.

Il importe de se rendre compte que la compensation de CO2 volontaire ne peut pas résoudre le problème des changements climatiques. Les émissions qui font l’objet d’une compensation de CO2 volontaire, ne représentent que 2 % du total du marché obligatoire. Elles constituent cependant un apport non négligeable. La compensation volontaire dépend de l’implication et du bon vouloir de chacun, et chaque petite pierre apportée est importante.

Quelles sont les chances de la compensation de CO2 obligatoire ?

La compensation de CO2 obligatoire est une réussite grâce au protocole de Kyoto, car ce dernier a permis la mise sur pied d’un système de compensation à l’échelle mondiale. Mais il subsiste malheureusement encore beaucoup de points faibles. Afin d’aborder les émissions de CO2 de manière efficace, les politiciens et les entreprises doivent prendre des mesures visant à réduire durablement ces dernières. En ce moment, on continue souvent à produire comme autrefois, tout en donnant de l’argent au Sud afin d’y modifier les installations. Ce n’est pas comme cela qu’il faut agir. Il est bien plus important que nous changions nos habitudes. Dès lors, des règles plus rigoureuses sont également cruciales, tant pour le marché volontaire que pour le marché obligatoire.

Conseils verts

Si vous souhaitez limiter vos émissions de CO2, vous pouvez commencer directement chez vous, à la maison. Quelques conseils simples :

  • Investissez le plus possible dans l’énergie verte.
  • Consommez des produits qui causent moins de dommages écologiques, notamment les fruits saisonniers.
  • Réduisez votre consommation d’énergie : utilisez des ampoules économiques, isolez votre habitation, optez pour des destinations de voyage proches de chez vous...
  • Préférez le train à l’avion pour vos déplacements inférieurs à 1 000 km et prenez le train plutôt que la voiture, quelle que soit la destination.
  • Si vous roulez quand même en voiture, ne mettez pas la climatisation. Vous économiserez ainsi 15 à 20 % de carburant.

Source : Test-Achats

Huisje

Simulateur d’économie de CO2
simuler facilement vous-même l’émission de CO2
Sondage
Construire ou rénover un logement passif.
Je le ferai certainement.
J'y réfléchirai.
Cela ne m’intéresse pas.
 
 
Disclaimer Contact Sitemap NL