|
Le Japon a annoncé qu’il souhaitait réduire de 25 % ses émissions de CO2. Les émissions de CO2 représentent une cause importante du réchauffement de la planète et des changements climatiques qui en résultent. L’engagement du Japon arrive à un moment important. En décembre de cette année, Copenhague, la capitale danoise, réunira plus d’une centaine de ministres de l’Environnement afin de conclure un nouvel accord sur le climat valable après 2012. Il devra succéder au protocole de Kyoto, dont l’effet arrivera à terme en 2012. Les projets japonais ont été bien accueillis par les Nations unies. Yvo de Boer, secrétaire exécutif, Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), a dit que le Japon avait endossé, avec ces nouveaux objectifs, un rôle de pionnier dans la lutte contre les changements climatiques. Les NU recommandent aux pays industrialisés de réduire leurs émissions de CO2 de 25 à 40 % par rapport à 1990. Yukio Hatoyama, le nouveau Premier ministre japonais, a annoncé au cours d’un forum sur le climat à Tokyo que le Japon souhaitait réduire de 25 % par rapport à 1990 ses émissions de CO2 d’ici 2020. Ce faisant, il va bien au-delà de son prédécesseur, qui ne souhaitait s’impliquer qu’à raison de 8 % seulement. La limitation des émissions de CO2 ne vaut pas uniquement pour le Japon, mais aussi pour les pays émergents dans lesquels le Japon est actif. La réduction dans ces pays doit s’effectuer par le biais d’une aide financière et l’échange de connaissances techniques. Le Japon est la deuxième plus grande économie au monde, mais elle est numéro cinq quant aux émissions de gaz à effet de serre, après la Chine, les États-Unis, l’Inde et la Russie. Il s’agit toutefois d’une promesse sous condition : le Japon veut bien faire cet effort si tous les pays importants sont disposés dans les prochains mois à faire de même. Le Japon met ainsi la pression sur les gros pollueurs que sont les États-Unis, la Chine et l’Inde. Sous l’administration Bush, les É.-U. n’ont jamais conclu d’accords contraignants. Et les économies émergentes, comme l’Inde et la Chine, ont toujours pointé du doigt la responsabilité des anciens pollueurs. Le Premier ministre songe ainsi à accélérer les développements dans le domaine de la technologie verte, qui sera aussi source d’emploi. Les syndicats et les organisations patronales craignent que les projets aient un effet négatif sur l’économie japonaise. Ils ont déjà incité le secteur japonais de l’industrie (automobile) à s’y opposer. Cette année, le gouvernement japonais a publié un rapport stipulant qu’une réduction de 25 % du CO2 pouvait être préjudiciable au secteur de l’industrie. Il reste bien entendu la question de savoir dans quelle mesure cette promesse est réaliste, car le Japon n’a pas encore fait à ce jour une trop bonne impression en matière d’émissions. Si l’Union européenne a réduit ses émissions de CO2 par rapport à 1990, celles du Japon n’ont fait qu’augmenter. Le pays du soleil levant accuse actuellement un retard de 16 % sur ses objectifs de Kyoto. Durant sa campagne électorale, le nouveau Premier ministre a par ailleurs formulé des promesses plutôt populistes, en parlant notamment de suppression du péage routier et de réduction de la taxe sur les carburants. Ces mesures sont contradictoires à cette nouvelle promesse.
|