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Si en Europe, durant un an, on instaurait une seule journée végétarienne par semaine, cela reviendrait à une réduction des émissions de CO2 aussi importante que s’il y avait 13 millions de voitures en moins sur les routes. Cela représenterait une étape énorme dans la lutte contre les changements climatiques. Ces calculs ont été effectués par Ensa, l’organisation des entreprises de soja européennes. Selon Ensa, la viande émet dix fois plus de CO2 que les substituts de viande tels que le soja, pour une valeur nutritive identique. Le lait fabriqué à base de soja émettrait cinq fois moins de CO2 que le lait de vache. L’invitation à limiter les changements climatiques en mangeant moins de viande n’est pas nouvelle. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Food and Agricultural Organisation ou FAO) présentait, il y a quelques années, le rapport La longue ombre portée par l’élevage. L’élevage y occupe la deuxième place de gros pollueur climatique, après le secteur de l’énergie, avec 18 % de tous les gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Le secteur du transport en produit 13 %. De même, le Prix Nobel Rajendra Pachauri, président du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat ou GIEC (en anglais International Panel of Climate Change ou IPCC) des Nations unies, a invité à manger moins de viande. On utilise cinq fois plus de terres fertiles pour la pâture que pour les végétaux destinés à l’alimentation. « C’est surtout la production de viande rouge qui est défavorable au climat », explique Pachauri. La production d’1 kg de viande rouge génère 15 kg de CO2, tandis qu’1 kg de poulet génère 4,5 kg de CO2. L’échevin gantois de l’environnement, Tom Balthazar (sp.a), a été impressionné par les propos de Rajendra Pachauri établissant un lien entre changements climatiques et élevage. En collaboration avec l’organisation établie à Gand, Ethisch Vegetarisch Alternatief (EVA), l’échevin a invité à faire du jeudi 13 mai 2009 une journée végétarienne officielle. Ce jour-là, l’objectif est d’offrir une alternative à la consommation de viande ou de poisson. Gand s’est ainsi illustrée comme la première ville à mettre officiellement en place une journée végétarienne hebdomadaire. Cette nouvelle s’est répandue sur toute la planète : on s’est rendu compte partout que quelque chose de particulier venait de se produire. Depuis, la ville de Sao Paulo a aussi organisé une journée végétarienne : le 1er octobre, la mégapole brésilienne a démarré une campagne en faveur d’une journée végétarienne hebdomadaire (le lundi). L’EVA a aussi, par l’intermédiaire de l’ambassade de Belgique à Milan, été contactée par Gènes (Italie) et l’organisation végétarienne allemande souhaite également encourager l’initiative à Hambourg, la ville climatique européenne de 2011. Aux É.-U., l’organisation de défense des droits des animaux, PETA, a invité environ mille bourgmestres à suivre l’exemple de Gand. En Grande-Bretagne, pas moins de trois organisations souhaitent reprendre l’initiative. Gand a mis sur pied différentes initiatives concrètes, telles que 90 000 guides touristiques végétariens de la ville ; la ville a invité l’horeca à mettre en évidence, surtout le jeudi, une option végétarienne au menu. L’EVA a également publié à cette fin un guide destiné aux chefs (« Veggie voor Chefs »). Le 1er octobre, c’est la journée végétarienne internationale de l’année et depuis cette semaine, 35 écoles de la ville de Gand participent à la campagne. Et d’autres villes encore sont acquises à la cause de cette campagne : ce 25 septembre, Malines s’est déclarée prête à soutenir la campagne, et depuis le 1er octobre, Hasselt la met en œuvre chaque semaine. Différentes initiatives ont été prises dans les entreprises et les écoles : Ikea Gand met davantage l’accent sur le repas végétarien, Belgacom organisera bientôt un Jeudi Journée Végétarienne comme projet pilote dans les Tours Belgacom de Bruxelles. Différentes écoles de cuisiniers suivent l’exemple : chez Colomaplus à Malines, chaque mois, un repas végétarien est préparé pour tous les élèves, et à l’école Hotel & Bakkerij de Gand, les élèves mangent végétarien chaque jeudi.
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